Enchantement et splendeur

Nouveau-Mexique, terre de l’enchantement. Nous tout ce qu’on connaît du Nouveau-Mexique c’est Heisenberg, Jessy Pinkman et Los Pollos Hermanos. Mais on veut bien croire que ce soit aussi une terre d’enchantement.

Nouveau-Mexique

Dès nos premiers kilomètres, le paysage est plus sec, plus aride. Les champs d’herbe, d’arbres et de vaches font place à des plaines de terre, d’arbustes et de cactus, entrecoupées de longs plateaux. On fait un premier stop a Santa Rosa et au Blue Hole, un trou naturel d’eau douce, environ 15m de large et 30m de profondeur. L’eau y est cristalline et les plongeurs en bouteille s’y donnent à cœur joie. Nous on arrive en maillot, le masque et tuba, prêts à l’action … sauf que l’eau est assez fraîche, l’endroit est venteux et il nous faudra des grosses cojones pour s’immerger au complet. Sous l’eau, c’est assez impressionnant, cet immense trou, cette eau translucide, ces parois qui tombent à pic et ce fond qu’on ne voit pas. Cette baignade (la première sans l’aide technologique de la combinaison) nous fait le plus grand bien et on part plein d’énergie vers les Sandia Mountains, proche d’Albuquerque. Sandia Peak culmine à une altitude respectable de 10,378 pieds (3,163 mètres). Deux choix sont possibles, un parcours randonnée de 13h aller-retour ou un trajet en gondole de 15mn aller-15mn retour qui permet d’admirer des airs, la beauté du site. Sans trop d’hésitation, on opte pour le 2ème choix. La gondole est plutôt pleine, mais la vue est spectaculaire. Une fois en haut, la température n’est plus vraiment la même qu’en bas. Il y a même de la neige qui survie encore par endroit ! Évidemment, je suis le seul en short/débardeur. Au sommet, on se fait quand même une randonnée d’une heure et demi, sans croiser la route d’ours noir, de biches ou de fameux rattlesnake (crotale). Le soir on se promène dans Albuquerque. Il est difficile de se croire encore aux États Unis tellement les villes du Nouveau-Mexique ressemblent à leurs cousines du Mexique. Comme elles, on retrouve une place centrale animée (plaza) entourée de magasins, de vendeurs de bouffe et de rues transversales. En plus toutes les rues ou presque portent un nom espagnol. Tous les habitants ou presque sont typés mexicains. Enfin toutes les maisons sont recouvertes d’une espèce d’argile/terre cuite orangée, apparemment imposé par l’état afin de garder un style culturel uniforme. On se dit qu’on ne peut pas quitter la célèbre ville de Breaking Bad sans aller manger dans le célèbre restaurant de Breaking Bad : Los Pollos Hermanos. On semble le trouver sur TripAdvisor, mais on se rend compte sur place qu’en fait il n’existe pas (pas encore du moins, on est pas sur d’avoir compris). A la place du poulet frit ce sera des pâtes, un peu moins original.

Albuquerque Depuis notre départ, on a visité/traversé 17 états et le Nouveau-Mexique est vraiment notre coup de cœur pour l’instant. Le soir suivant, après avoir visité la ville de Santa-Fe, on roule à la recherche du camping trouvé par Marine. On est en pleine campagne, une campagne de falaises orangées, de cactus, d’arbustes, de feuillus, des montagnes au sommet enneigé au loin. C’est sinueux, ça monte, ça descend, Captain Lobster n’avait jamais encore connu de tels chemins. On passe dans des villages minuscules. Vraiment dépaysant et superbe ! Tout ça pour se rendre compte après 45mn de route que la dernière portion qui mène au camping est fermée. Finalement, le cadre est magnifique, dans notre top 3 des endroits sauvages ou on a dormi, et on se cale sur le bord du chemin, au grand désarroi du chien de la ferme du coin qui aboie quelques minutes avant de se taire. Puis c’est le silence, le vrai. Pas un bruit d’auto, pas une voix. La noirceur de la nuit aussi. Ça change de nos dernières nuits dans des truckstop ou rest area.
Le lendemain on est heureux qu’aucun serpent, araignée, scorpion n’ai pénétré le van. On va a Chimayó, un peu la Lourdes ou le Jérusalem des États Unis car un sanctuaire y est construit sur des terres soit disant miraculeuses. Chaque année, des milliers de pèlerins s’y rendent et viennent y récupérer une quantité de cette fameuse terre bénite qu’ils appliquent sur leurs blessures ou mélangent à de l’eau. On y croit ou pas. Après avoir visité Taos (identique en plus petite a ses aînées), on quitte la terre de l’enchantement pour le Colorado.

Twin lakes, Colorado

Il est tard, et la première chose qui nous arrive c’est … la police qui nous arrête ! Sur une étroite route de campagne à double sens, un officier nous demande par l’entremise de ses lumières aveuglantes de nous ranger. Sauf qu’il n’y a aucune voie d’urgence pour se ranger, sur des dizaines de kilomètres. Après 10mn de la course poursuite la plus lente de l’histoire des États Unis, on décide de se ranger, les roues encore sur la voie. La voiture du policier elle y est au moins à moitié. Il nous annonce qu’on aurait roulé à 58 miles per hour, dans une zone limitée à 50. Oulala, grosse infraction monsieur l’agent, surtout quand on sait que Captain Lobster a plutôt tendance à rouler pas assez vite que trop vite. Devant notre évidente innocence, il ne nous donne qu’un warning et nous laisse filer. Ouuuf !

Rafting Colorado river

Le lendemain, on est encore a quelques heures de notre destination Twin Lakes quand on décide un peu sur un coup de tête d’aller faire du rafting. L’endroit semble propice (le meilleur du Colorado apparemment) et on a pas encore fait d’activités à sensations fortes. On se présente un peu par hasard chez KODI Rafting et ils nous ajoutent au groupe, 30mn avant le départ du bus. C’est parti pour 2h30 de rapides dans l’Arkansas river ! En plus on a l’air d’être des pros assis en avant du bateau avec nos propres wetsuits pendant que tous les autres s’équipent du matériel du centre. Le décor est vraiment magnifique, alliant petits canyons, rochers immenses et montagnes enneigées au lointain. L’ambiance est très bonne et certains passages de la rivière franchement secouant (rapides classe III). On veut définitivement essayer les classes au dessus. Pourquoi pas plus tard en Arizona ou dans l’Utah !

On finit par rejoindre Twin Lakes, au pied du Mont Elbert, le plus haut du Colorado (14,440 pieds, 4,401m). La dernière portion du chemin est assez accidentée mais Captain Lobster tient bon et nous offre un autre spot du top 3 ! Ce sont néanmoins les spots ou les pipis le soir dans le noir sont les plus effrayants. Le lendemain matin, on est content qu’aucun ours ne nous attende à l’extérieur du van. On aperçoit par contre nos premiers bambis pendant notre randonnée autour du lac. On attaque l’Independance Pass, cette route étroite et sinueuse qui passe en plein cœur des Rocheuses, qui monte, qui monte et qui monte pour atteindre une hauteur de 12,095 pieds. A un certain moment, un bloc de neige obstrue la voie de droite et nous oblige à utiliser celle de gauche pour le contourner. La route n’est pas clôturée et de mon siège de conducteur j’ai la vision du fossé, a 1 mètre des roues de Captain Lobster, qui tombe sur une centaine de mètres. Légère angoisse ! Une fois en haut, le spectacle est grandiose. DesIndependence Pass, Colorado pics enneigés de partout, on ne sait même plus ou est le nord a force d’avoir tourné dans tous les sens. On a quitté l’hiver québécois mais on retrouve ici une épaisse couche de neige dont quelques sportifs de l’extrême ont su profiter à en croire les traces a certains endroits. Après avoir fait suer le moteur, on use les freins dans la descente et petit à petit, la verdure et les cours d’eau reprennent le dessus. Arrivée à Aspen, petite ville au pied des stations de ski ou les avertissements sur la présence des ours est omniprésente. On en profite pour enfin faire réparer le vélo à Marine. Le gars trop sympa, nous invite après 2mn de conversation a venir dormir sur son divan (peut-être que c’est juste à Marine qu’il s’adressait en fait). On refuse poliment mais on prend note des spots du coin a visiter. C’est comme ca qu’on se retrouve à passer la nuit près de Maroon Bells, ces 2 pics imposants qui surplombe le Maroon Lake. Avertissements envers les ours puissance 10. On passe la nuit sur une place de camping réservée à quelqu’un pour le jour suivant. Au matin, en passant devant la cabane de l’entrée du parc le lendemain, la femme ne nous dit rien, alors c’est pas nous qui allons lui rappeler qu’on a rien payé pour la nuit ! Le site des Maroon Bells est magnifique, c’en est émouvant. On va même jusqu’à se payer une mini sieste en hamac après manger (regards perplexes de quelques passants). Au soleil, devant les montagnes et le lac, comment imaginer un meilleur moment que celui la. Au cours de notre ballade du matin, on croise un groupe de roumains qui nous conseille absolument d’aller voir Hanging Lake. Ca tombe bien, c’est vers le nord, pile notre trajectoire. On y arrive en fin d’après-midi, après avoir roulé sur l’I70, superbe autoroute qui longe la rivière Colorado, ses rapides et son canyon. Pour couronner le tout, le parking est un rest area. On est donc aux premières loges le lendemain pour attaquer le sentier difficile qui mène au lac. Un sentier très abrupte, accidenté, des roches de partout, bref une superbe randonnée d’une heure. Pour le coup, on rééquilibre la moyenne de Captain Lobster. Si lui a souvent tendance à se faire dépasser sur les routes, là c’est nous qui dépassons tout ces gros (et moins gros) américains sur le sentier. Une fois en haut le paysage se résume en un mot, splendeur. Le lac est plutôt petit, une eau cristalline, la verdure omniprésente, les falaises autours. Sur tout son long s’écoulent 3-4 chutes. La baignade est interdite par mesures de conservation du site. Toujours à la recherche d’expériences uniques et un peu casse-cou, j’enlève mes chaussures, grimpe 2-3 rochers et me retrouve derrière les chutes, un peu mouillé et les pieds dans l’eau, pour un angle de vue inusité et somptueux. Deux Tic-tac (Rangers du risque) nous amusent à venir jusqu’à dans nos mains chercher de la nourriture et se courir après, un peu les écureuils québécois. De retour au van, on reprend la route pour la ville de Denver, où on se mange une bonne pièce de bison avant de vraiment en voir dans le Wyoming.

Hanging lake, Colorado

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1 Discussion on “Enchantement et splendeur”
  • je me suis bien marée, je vous imagine , je fais mon film ….. et j’ai pleurnicher seulement un coup …. des progrès …. lol merci pour tous ces détails qui nous emportent et nous font tenir jusque votre retour
    .bises à vous 2
    je vous aime
    maman de la belle

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