Surfer à Montréal

Quand on pense à des destinations surf, des endroits comme l’Australie, Hawai, le Nicaragua, l’Indonésie nous viennent immédiatement en tête. Et quand on pense au Québec et à Montréal, les sports qu’on imagine sont le hockey, le ski, le snowboard ou encore le football. Tout ces faits sont évidents. Néanmoins, Montréal et le surf ne sont pas aussi incompatibles que l’on pourrait le croire. Montréal et le surf de rivière plus exactement. Le surf de rivière est, tout comme le surf, un phénomène naturel. Il s’agit de vagues statiques créées par un fort débit d’eau qui rencontre un soudain changement du fond de la rivière (une pente généralement). Plusieurs facteurs entrent en jeu, la profondeur de l’eau, la puissance du débit (en m3/sec), la grosseur de la pente, la formation du fond avant et après cette pente. Voilà pour le petit volet théorique.

OK, viens-en au fait

Qui dit Montréal dit fleuve St Laurent (je sais, je parle de rivière depuis le début et d’un coup je parle de fleuve, on respire) et il s’avère que toutes ces conditions sont réunies à un endroit pour former une vague de rivière parfaite. Cet endroit c’est Habitat 67 (derrière en fait), logements de gros blocs de béton entassés, plutôt originaux mais beaucoup trop chers. Ce spot a été découvert il y a une dizaine d’années par des kayakistes, puis des surfeurs se sont rajoutés pour en faire maintenant LE spot de surf de rivière du Québec. Le spot est généralement praticable à partir de fin avril, tout dépend si des morceaux de glaces circulent encore sur le fleuve (pas bons pour les planches, les ailerons, ni pour les membres d’un corps) mais aussi du niveau de l’eau du fleuve. La pluie, la fonte de la neige sont autant de facteurs qui affectent le niveau de l’eau. Trop d’eau, pas de vague. Pas assez d’eau, pas de rivière. Pas de rivière, pas de surf. Pas de surf, pas de vidéos de filles en bikini. Pas de filles en … Bref. C’est pourquoi la vague atteint son plein potentiel vers la fin du mois de mai et on voit des surfeurs à l’eau jusqu’en novembre, le wetsuit est bien sur indispensable (certains surfent même l’hiver par -20C/-25C ! Si si, tapez H67 Montreal Winter River Surfing sur youtube vous verrez). Par contre, pour les mois de juillet et août, un maillot (ou un speedo) suffisent largement. Une deuxième vague apparaît même au courant de l’été, permettant à 2 surfers (des fois 3 si on feel partage) de surfer en même temps. L’endroit est plutôt dissimulé, mais de plus en plus de sportifs de l’extrême s’y adonnent et les samedis et dimanches après-midi de juillet/août ne sont pas les sessions les plus rentables.

Ouais, pis comment ça marche ton affaire ?

Pas trop compliqué. Il faut partir plus haut que la vague pour se laisser porter par le courant. Il y a souvent un sweet spot que l’on vise tout en dérivant et arrivé à quelques mètres de la vague, on nage pour ralentir notre vitesse et attraper la vague. Une fois sur la vague, les plus habiles se lèveront tout de suite, les plus patients analyseront la vague avant de tenter un pop up. On est debout, c’est le même principe qu’en océan sauf que là, on a tout son temps (ou presque), la vague ne va pas finir de déferler dans 10 secondes ! Une fois qu’on tombe c’est simple, c’est un peu comme les montagnes russes. Ça balance dans tous les sens et on contrôle pas grand chose. Le but est de regagner sa planche au plus vite, se laisser dériver et attendre une zone plus calme pour regagner la berge, marcher 3 minutes et retrouver son point de départ.

L’accès est sans surveillance et à ses risques et périls. Il faut rester conscient que ce sont des rapides et que le courant y est très puissant. Kayak Sans Frontières propose des cours d’initiation au surf de rivière, plutôt indispensable, à moins d’y aller avec quelqu’un qui connaît bien les lieux.

Pour résumer, le surf de rivière c’est cool car :

  • tu peux rester beaucoup plus longtemps sur la vague qu’en océan. Ta courbe de progression est boostée car tu as plus de temps sur la vague pour pratiquer ton équilibre, ton placement, les virages, etc.
  • c’est beaucoup moins fatiguant. Pas de long paddle out pour passer le break. Ici, juste une petite nage pour regagner la rive.
  • aucune chance de tomber sur un requin
  • aucune chance (ou presque) de te faire rentrer dedans par un autre surfer
  • la vague est là toute l’année

Mais tu n’auras pas

  • de palmiers
  • de sable chaud
  • de vague qui tube

On vous laisse avec une petite vidéo qui fait un peu le tour du spot.

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